
Comme d’habitude de nombreux points sont à étudier lors de ce CSA mais ceux-ci sont plus informatifs qu’autre chose car aucun vote n’est prévu, ce qui en dit long sur l’intérêt de l’administration pour le dialogue social. Tout cela est parfaitement illustré avec des documents arrivés la veille ou le jour j après le début de la séance.
“Qu’est-ce qu’on se fait chier ! / Ouais / Le monde est trop p’tit / Ouais / Qu’est ce qu’on s’emmerde ! / Ouais / J’ai plus d’appétit / Ouais / / Qu’est ce qu’on est con / Ouais / Quand on est con on est / Ouais / On est content / Ouais / Tant qu’on est content on est / Ouais”
On démarre ce CSA avec les habituelles déclarations liminaires des organisations syndicales qui dénoncent le fonctionnement de la DRAJES des Hauts-de-France ou celle de PACA, le budget famélique pour 2026, l’accroissement des VSS et des discours racistes mais aussi l’absence de vision et de projet politique au sein du ministère.
Puis on enchaîne par un petit détour sur le budget 2026 du périmètre JS où l’Administration essaye de s’auto-convaincre que ce n’est pas si mal comme budget car “évidemment ça aurait pu être pire”. Personne n’est dupe, l’enfumeur aveuglé par sa propre fumée en somme.
Dans le même temps, le nouveau Directeur des Sports annonce que la ministre souhaite “maintenir” et “confirmer” l’Agence Nationale du Sports (ANS), ce qui est une bien mauvaise nouvelle tant elle affaiblit par sa simple existence l’action et la légitimité du ministère (n’hésitez pas à lire nos communications sur l’ANS).
Brièvement est évoqué le sujet des VSS qui est “important pour la ministre et les usagers”, espérons surtout qu’à l’avenir les VSS soient réellement traitées pour les faire cesser et accompagner concrètement les victimes !
“Alors on se grattouille / Ouais / On se tripatouille / Ouais / On s’fout du quart / Car car / On est des veinards / Ouais […]”
Le CSA enchaîne sur une présentation du bilan 2024-2025 de la formation professionnelle statutaire des personnels de la Jeunesse et des Sports. Si des progrès sont notés dans la mise en œuvre, de nombreuses insatisfactions et critiques sont exprimées. En effet, les difficultés de prises en charges financières existent toujours, certains stagiaires ont une charge de travail trop importante avec des hiérarchies qui ne respectent pas les consignes et qui donnent aussi des missions hors-cadre des statuts des PTP (comme des enquêtes administratives) ou encore l’inadaptation de la formation et des missions en service au rythme d’alternance.
Sur ce point, le nouveau Directeur des Sports se félicite de la “lucidité” des stagiaires qui ont apprécié le module sur les enquêtes administratives et leur éventuelle “enthousiasme” pour le régalien. Il est collectivement dénoncé cette vision étriquée de l’action professionnelle des PTP Jeunesse et Sports. Cette vision est inquiétante pour notre avenir. On profitera de cette “provocation” du DS pour lui rappeler que régalien ne signifie rien d’autre que “venant du roi”, aujourd’hui entendu comme “qui est de la souveraineté de l’Etat”. Régalien n’est donc rien d’autre qu’un mot-valise, une perception, permettant de décider ce qu’il est ou non et aujourd’hui force est de constater que pour l’administration régalien revient quasi-exclusivement à la réalisation de police -administrative. Affligeant mais rien d’étonnant. On dira qu’il n’est pas question d’une quelconque “lucidité” mais d’un besoin réel face à des hiérarchies concevant elles-aussi le régalien dans sa vision étriquée créant dès lors un sentiment d’angoisse et un besoin pour les nouveaux.elles collègues à malheureusement s’impliquer dans ce module. On énoncera au DS que s’il souhaite faire une vraie provocation alors il n’a qu’à prôner la suppression de la Direction des Sports car c’est bien à cela que va mener cette vision. En effet, qui décide et sur quel fondement que le développement, le pédagogique ne sont pas des actions régaliennes ? Et donc qui décident que le contrôle et les inspections sont des actions régaliennes ? Distinguer les deux, c’est fragiliser l’ensemble.
“Qu’est-ce qu’on se fait chier ! / Ouais / Et les autres aussi / Ouais / Qu’est ce qu’on s’emmerde ! / Ouais / C’est déjà ça de pris / Ouais […]”
Rapidement, on enchaîne sur la répartition femmes/hommes pour les élections professionnelles dans la fonction publique et donc à Jeunesse et Sports. Rien de particulier hormis que sur la liste électorale identifiée du CSAm Jeunesse et Sports pour 2026, nous retenons le chiffre de 5339 agent-es. Pourquoi ? Car en 2022 pour les élections précédentes, ce chiffre était de 5315 agent-es (une différence de seulement 24 agent-es). et en plus en 2026, des postes vont être supprimés. Dès lors se pose une question : Où sont les recrutements“importants”et “massifs”défendus par l’Administration mais aussi par d’autres (…) et que nous contestons depuis le début ?! Face à notre remarque, l’Administration botte en touche et va regarder de plus près, il se peut que “la liste 2026 doive encore être consolidée”. Nous avons hâte de lire la liste définitive.
“Qu’est-ce qu’on se fait chier ! / Ouais / Ça vis au garantie / Ouais / Qu’est ce qu’on s’emmerde ! / Ouais / C’est un métier j’te dit / Ouais / Qu’est ce qu’on est con / Ouais / Con con con qu’est ce qu’on qu’est ce qu’on / Ouais / On est dedans / Ouais / Tant qu’on est dedans on est / Ouais / Alors on se prélasse / Ouais […]”
A la suite nous enchaînons avec l’étude de deux plans, à savoir : “le plan national d’action handicap et inclusion professionnelle 2026-2031” et “l’état d’avancement des actions inscrites au plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (PNA) 2025-2027 des MEN-MSJVA”.
Concernant le premier plan, nous ne pouvons que saluer les intentions explicitées dans le document, néanmoins nous alertons sur les difficultés à atteindre les objectifs tant l’écart est gigantesque entre la théorie et la pratique. Aujourd’hui, les droits sont moins importants que ceux prévus par le plan et ne sont déjà pas respectés par la majorité des académies. Surtout, un plan avec de telles ambitions doit être accompagné par un budget massif et des recrutements conséquents or, cela n’est pas prévu. Aussi, il est plus que nécessaire de penser l’accueil des nouvelleux agent.es RQTH car l’écart entre ce qui est attendu et l’accueil réel (et la non prise en compte des spécificités de l’inclusion) est immense. Cette situation a comme conséquence qu’un grand nombre de stagiaires ne vont pas au bout de l’année de stage générant un sentiment de violence institutionnelle tout à fait détestable ! Cela doit changer et vite quant on voit que les procédures/délais (voire non réponse) freine l’accès de nos métiers et de notre secteur.
Concernant le second, les documents présentés n’ont pas grand sens car les statistiques sont un mélange entre EN & JS autant dire que l’analyse est loin d’être fine. Ce qui est absolument certain à cette heure c’est que ce plan souffre d’un manque de communication majeure et qu’il trébuche entre les intentions et la réalité. Aussi, nous questionnons “la formation des référent-es” car dans certains territoires ces personnes ne sont pas exemptes de tout reproche, tant il n’y a parfois pas de compréhension des enjeux et difficultés, et même des discriminations subies (quand ce n’est pas du déni des discriminations).
Des bonnes intentions mais, à cette heure, totalement irréalistes.
“Dans la caguasse / Ouais / On s’fout de tout tout tout tout / Ouais / Si du reste itout tout tout tout / Ouais !”, Qu’est Ce Qu’on S’fait Chier, Têtes Raides
Comme nous ne pouvions pas quitter ce CSAm JS sans évoquer la misère que représente la plateforme AMIA pour les mutations, nous décidons de démontrer les incohérences massives et sa non-adaptation aux emplois JS. Pour les CTS, les fédérations ne figurent pas, il faut télécharger les fiches de postes pour connaître la fédération ; dans plusieurs services ou établissements les postes annoncés vacants ne sont en fait que susceptibles d’être vacants (SEV) ; pour les SEV, il existe plusieurs lignes rendant relativement incompréhensible quel est le poste et où il se situe exactement. On profitera de ce moment, pour évoquer les question des obligations légales et notamment du PACS avec l’obligation d’avoir une déclaration fiscale commune alors qu’il n’y a plus d’obligation légalement d’avoir une déclaration commune avec son.sa conjoint.e. Le lien est tout fait avec le plan égalité pro femmes/hommes et sur l’incohérence en terme d’émancipation des femmes entre ce type de plan et l’application réelle dans les procédures de mutations. Donnons un point à l’Administration qui partage notre propos.
« La révolution sera la floraison de l’humanité comme l’amour est la floraison du coeur »,
Louise Michel


