Présentation de l'Union Solidaires

L’ Union syndicale Solidaires est une union interprofessionnelle qui rassemble des organisations syndicales aux histoires assez différentes, à l’image de leurs équipes militantes comme de leurs adhérent-e-s. Mais les projets et les aspirations rassemblent et convergent autour de valeurs, démarches et pratiques qui construisent une identité commune selon des règles de fonctionnement originales. Solidaires fédère des syndicats et des fédérations de la fonction publique, des entreprises publiques et du secteur privé. Au 1er juin 2011, elle regroupait cinquante-sept organisations syndicales professionnelles nationales et structurait des unions locales dans la quasi-totalité des départements. Son mode de fonctionnement repose sur une volonté partagée de créer une force d’entraide permettant à chaque organisation d’exister avec plus de puissance d’action et d’expression dans le champ syndical global. Il est également marqué par la volonté de mutualiser les moyens, les savoir-faire des uns et des autres, les compétences acquises dans certains domaines, pour en faire profiter l’ensemble de notre Union syndicale. Le souci de préserver l’autonomie des organisations, de ne pas les déposséder de leurs positions, d’éviter les dérives bureaucratiques et la mise en place de superstructures de plus en plus éloignées des réalités des adhérent-e-s, nous a conduit à essayer d’inventer une autre manière de fonctionner.

 

Les syndicats membres appartiennent à des secteurs professionnels très divers – relevant aussi bien du secteur public que du secteur privé : aérien, banques et finances, commerce, culture, éducation, énergie, hôtellerie et restauration, industrie, métallurgie, Poste et télécommunication, prévention et sécurité, rail, recherche, santé, secteur associatif… Aujourd’hui, Solidaires est la première organisation syndicale dans un certain nombre d’établissements, d’entreprises, de services, d’administrations, de ministères… Cette union interprofessionnelle, qui compte actuellement plus de 100 000 adhérent-e-s, met en œuvre un fonctionnement original basé sur la recherche constante de ce qui unit plutôt que de ce qui divise. Il s’agit de mieux s’organiser pour mieux agir ensemble et éviter les phénomènes d’institutionnalisation, de délégation de pouvoir, d’experts, de superstructures que connaissent trop souvent les grandes confédérations. C’est une autre façon de vivre les structures interprofessionnelles. En ce sens, nous avons l’ambition de contribuer à répondre à la crise du syndicalisme et de participer à sa rénovation pour redonner aux salarié-e-s le goût de l’action collective.

 

Ce fonctionnement privilégie la recherche du consensus et donc de ce qui unit plutôt que de ce qui divise. Solidaires entend mettre en œuvre un syndicalisme de contre-pouvoir qui lie défense quotidienne des salarié-e-s et transformation de la société. Un syndicalisme de lutte pour la construction d’un rapport de forces en vue de contrer les politiques patronales et gouvernementales. Un syndicalisme de lutte pour la mise en œuvre de projets alternatifs favorables aux salarié-e-s quels que soient leur statut ou la taille de leur entreprise, aux chômeurs/euses, aux précaires, aux retraité-e-s et aux sans-droits. Un syndicalisme qui agit contre toutes les discriminations, qu’elles soient liées au sexe, à l’orientation sexuelle ou à l’origine. Solidaires s’inscrit dans une démarche féministe en agissant pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Aujourd’hui, il s’agit de créer des conditions d’actions efficaces pour imposer d’autres choix économiques et sociaux. Pour Solidaires, défendre efficacement les travailleurs/euses, c’est être capable d’agir sur l’ensemble des facteurs qui déterminent leurs conditions d’existence.

Agir localement contre les décisions patronales ou gouvernementales ne peut suffire si, dans le même temps, rien n’est fait pour s’attaquer aux causes premières à l’origine de ces décisions. Notre Union syndicale essaye de développer une stratégie et une pratique syndicales, au niveau professionnel comme au niveau interprofessionnel, permettant aux sala-rié-e-s de mieux faire le lien entre ce qu’ils/elles vivent sur leur lieu de travail et une mondialisation libérale et financière en marche d’un bout à l’autre de la planète. C’est pourquoi notre syndicalisme ne s’arrête pas à la porte des lieux de travail et s’inscrit pleinement dans un mouvement global. Dans un contexte où les salarié-e-s, les chômeurs/euses et les retraité-e-s sont les premières victimes d’une crise dont ils/elles ne sont aucunement responsables, il est primordial de renforcer le syndicalisme de lutte et de transformation sociale qui agit à tous les niveaux – local, national, européen, international – pour imposer ensemble un autre partage des richesses dans un monde plus solidaire et plus égalitaire !

 

 

                                                         Un syndicat « jeune » mais avec une longue histoire

 

 

1964 : la déconfessionalisation vers un syndicalisme renouvelé

Les 6 et 7 novembre 1964, très majoritairement, les congressistes de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC) décident d’abandonner la référence au christianisme dans leur sigle. Cette majorité prend le nom de Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT). Une « CFTC maintenue » continue son existence. Pendant quelques années, cette nouvelle CFDT va permettre une effervescence de débats et l’émergence de nouvelles conflictualités.

 

 

1973 : avec les Lip, vive l’autogestion

Le conflit « des LIP » est la marque d’une période de luttes syndicales et sociales fortes, imaginatives et créatrices nées dans la continuité de mai 68. Ce conflit illustre la volonté d’autonomisation des luttes jusqu’à une tentative d’autogestion d’une entreprise occupée par ses travailleurs et ses travailleuses. Ces luttes vont percuter les organisations syndicales « traditionnelles ».

1978 : le recentrage de la CFDT

En 1978, la CFDT va officialiser un recentrage sous couvert de resyndicalisation (qui constitue par ailleurs une question réelle). Cela va l’amener progressivement à tenir une position systématiquement conciliante dans ses rapports avec le patronat et le gouvernement. Pour les responsables confédéraux, il s’agissait de mettre fin à la période de débat et d’expérimentation sociale qui marquait la CFDT depuis plus d’une dizaine d’années, et va exacerber les tensions avec les collectifs militants qui étaient les principaux représentants de ces pratiques. Beaucoup d’entre eux seront, ultérieurement, à l’origine de la création de différents syndicats SUD et Solidaires.

1989 : contacts du Groupe des Dix (G10) avec SUD-PTT

Le Groupe des Dix (G10) contacte SUD-PTT qui vient de se créer suite à l’exclusion de militant-es de la CFDT Poste et télécommunications. La « greffe » avec SUD-PTT va prendre, marquant ainsi que des syndicats de « culture CGT » peuvent s’associer avec des syndicats de « culture CFDT ». Un autre syndicat, le CRC, qui deviendra SUD santé-sociaux se développe dans les mêmes conditions que SUD-PTT. En 1989, une très longue grève a lieu aux Finances qui va notamment confirmer l’indépendance syndicale du principal syndicat du G10 (le SNUI) par rapport au PS. Ces éléments vont faciliter l’arrivée de SUD-PTT. La politique du Parti Socialiste et du gouvernement Mitterrand – Rocard a des conséquences dans le mouvement syndical et au sein du G10. Des organisations syndicales vont se satisfaire progressivement d’un syndicalisme d’accompagnement. D’autres vont maintenir leur indépendance syndicale et demeurer fidèles à leurs revendications, quel que soit le gouvernement en place. Au G10, trois syndicats (la FGSOA, la FAT et la FMC) vont quitter le G10 en janvier 1993 et rejoindre le courant UID, qui vient de faire exploser la FEN, pour créer l’UNSA. Ceci va précipiter, en réponse, la rédaction de statuts propres au G10.

 

1998 : congrès constitutif de l’Union syndicale Groupe des Dix

Les 14 et 15 janvier 1998 se tient le Congrès constitutif de l’Union syndicale Groupe des Dix à La Plaine Saint Denis. En novembre 1995 s’était tenue à Saint Ouen une Assemblée générale regroupant les représentants de 13 syndicats et fédérations pour tester des projets de Statuts et de Règlement intérieur en particulier le fonctionnement au consensus. Le premier congrès officiel de 1998 entérine donc ce fonctionnement. Malgré les différences de culture entre « les SUD » et « les non SUD », l’ensemble des organisations s’engage dans des orientations communes claires. Ainsi, le Groupe des Dix et plusieurs organisations membres du G10 participent à la création d’ATTAC en 1998. L’Union syndicale Groupe des Dix fait partie du Collège des Fondateurs d’Attac qui est créé en 1998. Les 19 et 20 novembre 1998 se tient une Assemblée générale des G10 locaux où 110 militantes et militants représentent 28 G10 locaux montrant la volonté de construire des structures de base locales interprofessionnelles.

 

2001 : le G10 devient Solidaires

Le deuxième Congrès se tient les 21 et 22 novembre à la Maison des Syndicats de Créteil. Après des débats, l’adoption de l’identifiant « Solidaires » est acceptée par l’ensemble des organisations nationales. C’est la marque que la période de questionnement entre « les Sud et les non Sud » est désormais tournée : nous sommes tous « Solidaires ». Au cours de ce congrès, nous constatons que nous parvenons à élaborer ensemble des débuts d’alternatives dans de nombreux domaines, que nous formulons des revendications concrètes partagées et que nous sommes souvent d’accord sur les stratégies syndicales à mener, tout ceci par notre fonctionnement au consensus.

2008 : un syndicalisme revendicatif et internationaliste

Le 4ème Congrès de Solidaires se tient à Saint-Jean-de-Monts en juin 2008. Ce Congrès (le premier en province, et le premier organisé principalement par une équipe militante locale) est perçu par les participantes et les participants comme le premier « vrai » congrès de Solidaires. Le travail sur le dossier revendicatif y est largement développé. L’homogénéité de l’organisation « Solidaires » est ressentie par la plupart des participantes et des participants au Congrès. Des délégations invitées nombreuses interviennent en tribune (autres organisations françaises, européennes, internationales). La présence de délégations étrangères marque l’engagement international de Solidaires qui jouera un rôle déterminant dans la constitution d’un Réseau syndical international de solidarité et de luttes dont la première rencontre aura lieu en 2013.

2013 : constitution du réseau syndical international de solidarité et de luttes

Fort de son engagement internationaliste, l’Union syndicale solidaires a joué un rôle très actif dans la construction du Réseau syndical international de solidarité et de luttes après la rencontre syndicale internationale en mars 2013 de St-Denis qui a rassemblé plus de 200 militant-e-s de plus de 60 organisations d’Europe, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Ce réseau mondial rassemble des organisations, courants, tendances ou réseaux syndicaux de tous les continents, avec des histoires, des cultures politiques différentes, mais avec des pratiques assez proches et qui partagent la double volonté d’organiser des luttes pour la défense des revendications immédiates des travailleurs-ses et pour transformer radicalement la société.

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