
Déclaration liminaire CSA
Paris, le 31 mars 2026
Quelques années après le rattachement administratif de Jeunesse et Sports à l’Education Nationale, nous considérons toujours que ce rattachement structurel est une calamité. Ce constat ne nous fait guère plaisir mais nous sommes toujours dans l’attente que les faits prouvent le contraire mais aussi que les tenantes et tenants de cette absorption assument cet échec.
«La haine ne produit pas l’amour ; nous ne renouvellerons pas le monde par la haine» Errico Malatesta
Les résultats aux dernières élections municipales qui voient la conquête de nombreuses villes par l’extrême-droite et la droite extrêmisée doivent nous inquiéter quant à la capacité des corps intermédiaires à défendre une société de vivre-ensemble et d’émancipation.
Après la coupe massive du budget de l’État dédié au secteur associatif en 2026, ces municipales viennent assombrir une nouvelle fois l’avenir d’associations engagées pour une société plus juste et égalitaire.
La banalisation abjecte (permise par le gouvernement et les médias) des idées et comportements racistes, sexistes, xénophobes se ressent aujourd’hui jusque dans nos services jusqu’à créer dans certains, un climat réactionnaire et violent.
En témoigne l’agression vécue par nos camarades du Puy-De-Dôme, ciblé.es notamment pour leur positionnement syndical (attaque du panneau syndical avec des inscriptions sexistes et fascistes notamment).
En témoigne également le traitement d’une collègue de PACA, qui subit depuis des mois, par l’administration même, des discriminations transphobes, sexistes et validistes.
Par ailleurs, les différents problèmes de violences sexistes et sexuelles mis en exergue ces derniers mois au sein d’accueils collectifs de mineurs (ACM) démontrent plus que jamais que la formation des professionnel-les est essentielle.
Pourtant, Etat et employeurs mettent une grande énergie à bousculer et détricoter les formations professionnelles, pour qu’elles soient toujours plus courtes et moins onéreuses, en particulier les BPJEPS avec une réduction du volume horaire minimum en centre de formation.
Aujourd’hui, les attaques contre les spécificités de notre secteur ne cessent de se multiplier. Des remises en question des missions, fonctions, organisations et statuts.
C’est un désastre, à la fois pour le service public, qui se réduit à feu doux à une fonction régalienne et gestionnaire, et pour toutes et tous les agent.es JS, qui voient leur métier se vider de sens, et sont cantonné.es à contrôler, répondre aux chiffres commandés, gérer des dispositifs dans des tableurs excels. Par ailleurs, certains services recrutent en priorité des personnels de l’Education nationale sur des postes de PTP ! Les spécificités Métiers sont niées. C’est arrivé récemment dans le Cantal. Ou encore en formation professionnelle statutaire où le bilan de la promotion 2024 met en évidence un contenu centré sur nos métiers et statuts bien trop léger, trompant ainsi les nouvelleux collègues sur leur véritable missions.
Nous tenons à rappeler l’importance majeure des corps de conseillères et de conseillers dans les champs de la jeunesse, de l’éducation populaire et des sports.
Et au vu du contexte international et national, soutenir l’éducation populaire et ses acteur.ices, les actions d’émancipation, d’éducation au collectif, au vivre-ensemble, à la citoyenneté, devraient être une priorité – pour une institution responsable.
Face à cette situation, il apparaît incontournable que Jeunesse et Sports reprenne sa place motrice au sein des différentes administrations de l’Etat, en pilote de politiques publiques interministérielles. Cela ne pourra se faire qu’en s’émancipant définitivement de l’Education Nationale, en cessant les réductions d’effectifs des agents JS et en mettant un terme aux différentes Inspections Générales qui n’ont comme seule intention de casser définitivement le service public Jeunesse et Sports. C’est un enjeu majeur, pour les agents, pour nos missions et pour les politiques publiques que nous portons.
Les prochains mois risquent d’être gris. Nous, agents de Jeunesse et Sports, devons plus que jamais contribuer toutes et tous à préparer les revirements de demain. C’est dans cette perspective que nous invitons les collègues à se mobiliser, à construire des collectifs soudés et à se syndiquer !
« Il n’y a pas de vents favorables pour celui qui ne sait pas vers quel port il navigue », Sénèque
Actuellement, personne n’est capable de dire où va notre ministère, quelles sont ses intentions, ni ses ambitions. Une ministre en campagne municipale n’a d’ailleurs pas aidé à effacer ce sentiment. Par contre, tout le monde constate une navigation à vue, parasitée qui plus est par des JOP d’Hiver en 2030 qui virent à la cacophonie suprême, dilapident un argent faramineux au détriment de politiques sportives au service du plus grand nombre.
Plus que jamais, ayons de l’ambition pour nos missions et soyons collectif !
Ne reculons pas, ne cédons rien !

