Malgré la pluie, les gens sourient, vive le temps de travail réduit
Le 23 avril, nous avons eu une audience inquiétante sur le fond et affligeante sur la forme avec l’Inspection Générale de l’Education, des Sports et de la Recherche (IGESR) et sa magnifique mission intitulée “Evaluation prospective des améliorations et simplifications possibles dans les complémentarités entre les champs jeunesse/vie associative et le champ sport”. Ce rendez-vous confirme nos inquiétudes depuis des mois et l’indélicatesse pathétique de l’Education Nationale pour le respect des missions et des agents Jeunesse et Sports. Il n’y a qu’à regarder certaines notes de cadrage de l’EN ces dernières semaines, au hasard, citons celle sur les CPS (compétences psychosociales).
Si l’Inspection Générale a tenté de présenter cette nouvelle inspection comme un “sujet technique” et n’a aucunement dévoilé ses cartes, en réalité, nous avons vite compris que l’enjeu était de tailler encore plus l’os. Comment réduire l’ambition, comment retirer des missions, comment “simplifier” pour affaiblir concrètement mais sans le dire le secteur JS…tels sont les enjeux cachés de cette IG. Il faudra donc rester vigilant.e.s collectivement dans les prochaines semaines sur cette histoire.
Malgré cela, regardez autour de vous. Ces derniers jours, les gens sourient. Pourtant, les inquiétudes sont multiples dans les services, il pleut beaucoup, les impérialismes s’agitent avec comme conséquence le cher prix de l’essence.

Ces dernières semaines nous ne pouvons que constater que les collègues sont plus détendu-es dans les services JS et ce malgré des inquiétudes plus que nombreuses quant au devenir de JS et de ses missions, mais aussi de savoir quels postes seront supprimés ici ou là. Malgré cela, regardez autour de vous. Ces derniers jours, les gens sourient.
Pour nous, la raison est simple. Les collègues s’épanouissent lorsque les semaines sont réduites. Paul Lafargue disait qu’il faut paresser « en toutes choses » et en toutes circonstances.
C’est pour cela que Solidaires JS réclame une réduction drastique du temps que l’on consacre au travail, dans une vie, une année, un mois, une semaine, une journée. Nous voulons une réduction hebdomadaire du temps de travail à 32 heures, voire moins, déclinable selon les secteurs, sans flexibilité, ni perte de salaire, avec respect des périodes de repos et avec des embauches compensatoires. Il faut l’inscrire dans un processus de réduction plus important encore, tourné vers la transformation sociale et écologique. Cela implique notamment :
- La baisse du temps de travail à 32 heures tout de suite vers les 28 heures sans baisse de salaire avec les embauches correspondantes.
- Les 32 heures avec un aménagement du temps de travail devant respecter les conditions de travail, la vie privée des travailleurs et travailleuses, le travail de nuit et de week-end étant des régimes horaires d’exception.
- L’aménagement du temps de travail de la semaine de 32 heures en quatre jours inscrite comme durée légale du temps de travail dans le code du travail.
- L’obligation de deux jours de repos consécutifs chaque semaine dont le dimanche. Si le travail est vraiment indispensable le dimanche ou un jour férié, une majoration en temps, et/ou en argent a minima de 100 % doit être donnée, au choix des salarié·es, pour le travail effectué ces jours-là.
Regardez bien autour de vous et vous verrez que les gens sourient, et pourtant rien ne s’améliore à Jeunesse et Sports. Cette déclaration est courte car les semaines le sont. Nous avons préféré sourire.
« Travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d’être misérables. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste » Paul Lafargue

